INAPEN

Publié le 12-07-2011

La dénutrition à l’hôpital est un problème de santé publique souvent méconnu et sous-estimé. L’objectif des CLANs, dont celui du Centre Hospitalier de Meaux, est d’améliorer la prise en charge nutritionnelle des patients.

 

Celle-ci comporte trois volets :

 

  1. le dépistage de la dénutrition,
  2. l’alimentation et la nutrition artificielle
  3. le suivi de l’état nutritionnel.

L’impact de l’amélioration de l’alimentation a été peu exploré à ce jour. Notre choix s’est porté sur le repas qui semble le plus apprécié par les patients et le plus facile à modifier, c’est-à-dire le petit-déjeuner. Nous avons élaboré un protocole de recherche clinique en soins courant pour évaluer l’Incidence de l’Amélioration du Petit-déjeuner sur l’Etat Nutritionnel des patients hospitalisés (INAPEN) (Responsable scientifique Monsieur François Thuillier, investigateurs Mmes Karell Prieux-Lucas, et Dr Samia Touati, investigateur principal Dr Xavier Forceville).

 

Ce protocole a bénéficié du soutien du Centre de Recherche Clinique de notre établissement (Dr Michel Grivaux, ARC Mme Cindy Mathis). Il a été soumis à la CNIL (ref. 909314), au CCTIRS (ref. 09.358, 10 septembre 2009) et au comité de protection des personnes de Saint Germain en Laye (17 août 2009). Il a été primé en 2009 par la Société Francophone de Nutrition Entérale et Parentérale (SFNEP) dans le cadre du prix ACTICLAN.

 

L’étude sera conduite en deux phases à l’aide de deux cohortes consécutives de 400 patients hospitalisés plus de 7 jours. La première phase relève purement de l’observation, sans modifications des pratiques. A la fin de celle-ci, des actions d’améliorations seront mises en place au niveau du petit déjeuner et évaluées lors de la deuxième phase.

Les actions d’améliorations choisies sont les suivantes :

  • enrichir d’un fromage blanc à 40% de matières grasses (8g de protéines et 117kcal) les petit-déjeuners des patients dénutris ce qui permet d’améliorer le rapport calorique et protidique,
  • Informatisation des petits-déjeuner avec des nouveaux menus adaptés afin de garantir des apports en nutriments énergétiques et non-énergétiques conformes aux recommandations pour toutes les populations (par exemples : augmenter la consommation des produits laitiers, augmenter l’apport journalier en vitamine C pour les textures modifiées…),
  • formation du personnel soignant (médicaux et paramédicaux) par les diététiciennes sur l’importance des repas, respect des régimes, respect de la distribution, surveillance alimentaire, aide aux repas, évaluation de l’état nutritionnel et dépistage de la dénutrition…

 

Cette étude sera réalisée d’octobre 2009 à décembre 2011 et se déroulera dans deux services de chirurgie (orthopédie et vasculaire) et quatre services de médecine (cardiologie, neurologie, pneumologie et rhumatologie).

Le critère principal est l’évolution du marqueur biologique de la renutrition (transthyrétine ou préalbumine) et les deux critères secondaires sont l’évaluation du marqueur biologique de la dénutrition (albumine) et la durée moyenne de séjour (DMS) comme indicateur global de l’impact clinique.